Ma Grand-mère part au Ciel
par Bouffi, vendredi 22 janvier 2010 à 22:35 | Carnet de route
J'ai 4 ans, froid hivernal du mois de novembre 1979 accompagne la mauvaise nouvelle ... Je percute malgré mes 4 ans la gravité des choses, je m'en souviens parfaitement. 18h approximativement, mon père était de l'équipe du matin, nous allions passés à table, notre voisine du dessous, monte nous voir . Téléphone pour toi Hassan ! Son air est grave . A cette époque nous n'avions pas encore de téléphone à la maison et nous communiquions le numero de téléphone de notre voisine pour les appels de l'étranger. Mon père descend vite . J'ai compris ... durant l'été 1979 j'avais passé des vacances merveilleuses avec ma grand-mère , pour ne pas dire que j'étais sans cesse collée à ses basques. Lorsqu'elle me prenait dans ses bras , elle m'inspirait la même confiance lorsque mon père me prenait. J'étais rassurée. Mais Grand-mère était à cette époque malade, du moins très fatiguée. Du haut de mes 4 ans, je comprenais que je ne devais pas trop l'embêter alors je passais des heures à rester auprès d'elle pour lui tenir compagnie. Elle veillait sur mon sommeil et me caressait toujours les cheveux en me chantant quelques comptines.
Mon père remonte, j'avais déjà les yeux aux larmes ... Je regardais son air grave, qui en disait long . Mon père demanda à ma mère de nous coucher, elle répondit que nous n'avions pas encore mangé. Je pris mon père par la main et lui dit " Grand Mère est partie, elle est au Ciel " ...Mais où avais je entendu cela ... On ne m'a jamais parlé de la mort ... je vis mon père pleurer et mon frère demander quelle bêtise encore avait il pu faire pour faire pleurer mon père...
Le lendemain matin mon père prit le premier avion pour le Maroc, la décision fut prise cette nuit de ne pas nous emmener , ni ma mère pour des raisons financières . Il revint une semaine plus tard mais sa joie n'était pas revenue ...
Papa, Maman, je vous aime ... Je crois que si je devais vous perdre, ma vie n'aurait plus aucun sens ... J'ai peur de cet instant que je me dis parfois qu'il est préférable que je parte en premier !