Courte illustration des revendications du personnel soignant au Pavillon N d'Edouart Herriot à Lyon. Le manque de moyen humain pour faire face à une population qui ne demande pour certains qu'à se soigner gratuitement. Les infirmières sont en sous effectifs, les aides-soignants ne sont pas à leur place et les brancardiers, les fameux brancardiers et bien au Pavillon N il n'y en a pas ! Quand je dis que les aides-soignants ne sont pas à leur place c'est qu'ils font les brancardiers.
Pauvre constat ! Mais devant ce tableau y a t'il lieu de se plaindre ? , de faire grève ?! Et bien oui, car encore une fois l'absurdité du système d'un hôpital vient d'être démontrer.
Je vais vous raconter une petite anecdote bien réelle arrivée aujourd'hui.
Suite à une crise d'épilepsie, on me conduit au Pavillon N (je découvre le personnel en grève mais réquisitionné). Le pavillon N est les urgences qui recoit toute la médecine en dehors de la traumatologie et la chirurgie qui eux relèvent du pavillon A . Pendant la crise je me suis foulée le poignet, je relève également de la traumatologie et donc du pavillon A. Cependant comme le malaise prime, on m'envoie au pavillon N . Après de longues heures d'attentes ( les patients défilaient toutes les 5 min) , avec une douleur au poignet je demandais au personnel si je pouvais aller au pavillon A me faire soigner le poignet.
Accord du personnel , je vais au pavillon A ( traumato ) et là je découvre un personnel (composé de plusieurs personnes: infirmiers, brancardiers, médecins) discutant autour de quelques photos que l'un d'eux a bien voulu leur montrer. La salle d'attente était vide, les brancards vides, les box à moitié vide. Quel étonnement, à peine eu je le temps de poser mes fesses que je fus appelée. Un médecin qui m'avait vu il y a deux semaines pour une chute dans les escaliers, pris mon dossier en charge. Quel ne fut pas mon grand étonnement de m'entendre dire lorsque j'expliquais que j'avais eu une crise d'épilepsie qui a occasionné une entorse au poignet , que ma place n'était pas au pavillon A mais au pavillon N...Mais Oui, Docteur, je le sais mais ils sont débordés au pavillon N. Sa réponse fut "nous aussi !" Quel comble, il n'y avait presque pas de patients et le personnel était réuni à regarder des photos !
Le déficit des HCL, notamment celui d'Edouard Herriot, se comprend mieux, quand on est pas capable de mutualiser les moyens humains et logistiques, je ne vois pas comment on pourra combler le trou ! Franchement j'ai eu une forte pensée pour le personnel du pavillon N , qui pour cette fois a vraiment légitimité à de meilleures conditions de travail mais surtout une équité de traitement vis à vis des autres services, et ce pour le bénéfice des patients que nous sommes tous !